mardi 11 juillet 2017

Jamais assez prête

Je suis une prépareuse-extrême. J'aime les trucs organisés, avoir des attentes réalistes, savoir ce qui s'en vient. C'est un peu un mécanisme de défense qui s'est développé parce que je réagissais mal aux trucs trop spontanés, quand ça virait dans une direction que j'avais pas envisagée (chacun son background). Bref je passe des heures à rechercher sur internet, à lire des livres et à des témoignages de gens qui ont vécu ce que je m'apprête à vivre (aussi gros que planifier mon "mariage" toute seule et aussi petit que de choisir un bon resto pour une occasion spéciale). Bref maintenant que je suis enceinte c'est pas différent, surtout en retrait préventif, j'ai beaucoup de temps pour tout lire, tout rechercher et tout vouloir connaître.

Mais peu importe combien j'en lis, combien j'en apprends et combien j'en sais, j'ai l'impression que pour les mamans autour de moi je ne saurai jamais avant de le vivre. Et c'est ben plate parce que le temps est faite de même, je ne les rattraperai jamais. Elles auront toujours quelques mois/années d'avance sur moi et ma famille, donc pourront toujours justifier leur attitude de "attends! Tu vas voir rendu à tel âge", comme si mes difficultés valaient rien parce que possiblement pire pourrait s'en venir plus tard.
Quand je trouve ça dur d'avoir du mal à dormir enceinte, attends, t'as rien vu!
Quand je trouve que ma bédaine est de plus en plus dans le chemin, attends, t'as rien vu!
Quand j'envisage l'accouchement naturel, le co-dodo, la DME, le lit au sol, le maternage...attends, t'as rien vu!
Quand je trouve dur le jugement des autres par rapport à mes choix...attends, t'as rien vu!
Quand je trouve mon chum tellement sweet et présent...attends, ça peut changer.

Ça revient souvent, mais pourquoi est-ce que les femmes ont l'impression qu'il y a un seul "moule" de la maternité, que tout le monde vit la même expérience peu importe sa préparation, son attitude, sa personnalité? La parentalité fait partie de la vie, donc elle est différente pour chacun/chacune.

Et si on passe notre vie à attendre avant de nommer quoi que ce soit, de régler des choses ou de passer à l'action, c'est pas ça la recette du malheur? Toutes les émotions sont valables, elles ont toutes leur raison d'être et le fait que ça pourrait (ou pourrait pas) être pire plus tard n'influence aucunement ce que je vis, ce que je pense et ce que je ressens ici, maintenant.

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