mardi 11 juillet 2017

Jamais assez prête

Je suis une prépareuse-extrême. J'aime les trucs organisés, avoir des attentes réalistes, savoir ce qui s'en vient. C'est un peu un mécanisme de défense qui s'est développé parce que je réagissais mal aux trucs trop spontanés, quand ça virait dans une direction que j'avais pas envisagée (chacun son background). Bref je passe des heures à rechercher sur internet, à lire des livres et à des témoignages de gens qui ont vécu ce que je m'apprête à vivre (aussi gros que planifier mon "mariage" toute seule et aussi petit que de choisir un bon resto pour une occasion spéciale). Bref maintenant que je suis enceinte c'est pas différent, surtout en retrait préventif, j'ai beaucoup de temps pour tout lire, tout rechercher et tout vouloir connaître.

Mais peu importe combien j'en lis, combien j'en apprends et combien j'en sais, j'ai l'impression que pour les mamans autour de moi je ne saurai jamais avant de le vivre. Et c'est ben plate parce que le temps est faite de même, je ne les rattraperai jamais. Elles auront toujours quelques mois/années d'avance sur moi et ma famille, donc pourront toujours justifier leur attitude de "attends! Tu vas voir rendu à tel âge", comme si mes difficultés valaient rien parce que possiblement pire pourrait s'en venir plus tard.
Quand je trouve ça dur d'avoir du mal à dormir enceinte, attends, t'as rien vu!
Quand je trouve que ma bédaine est de plus en plus dans le chemin, attends, t'as rien vu!
Quand j'envisage l'accouchement naturel, le co-dodo, la DME, le lit au sol, le maternage...attends, t'as rien vu!
Quand je trouve dur le jugement des autres par rapport à mes choix...attends, t'as rien vu!
Quand je trouve mon chum tellement sweet et présent...attends, ça peut changer.

Ça revient souvent, mais pourquoi est-ce que les femmes ont l'impression qu'il y a un seul "moule" de la maternité, que tout le monde vit la même expérience peu importe sa préparation, son attitude, sa personnalité? La parentalité fait partie de la vie, donc elle est différente pour chacun/chacune.

Et si on passe notre vie à attendre avant de nommer quoi que ce soit, de régler des choses ou de passer à l'action, c'est pas ça la recette du malheur? Toutes les émotions sont valables, elles ont toutes leur raison d'être et le fait que ça pourrait (ou pourrait pas) être pire plus tard n'influence aucunement ce que je vis, ce que je pense et ce que je ressens ici, maintenant.

lundi 19 juin 2017

L'opinion de chacun

Je me souviens il y a quelques années j'avais parlé que j'évitais de me sécher les cheveux au séchoir à cause des dommages que ça peut causer. Une amie de mes parents m'avait lancé qu'elle était coiffeuse depuis 25 ans, que si le séchoir dommageait les cheveux elle le saurait, et avec certitude m'avait affirmé que la chaleur ne causait aucun dommage aux cheveux. Mais si on remet les choses en perspective, pour être coiffeuse, ça prend quelle formation? Mettons que tu as la formation (même si la majorité des coiffeurs l'ont pas) on y apprend les techniques de séchage, de lavage, de frisette, de coupe....on y fait pas d'étude sur l'effet des soins sur les cheveux, ni est-ce qu'on discute des études existantes... Bref c'est assez facile pour nous de distinguer l'opinion de la coiffeuse versus son savoir réel, ses connaissances basées sur la science.
Quand on parle des médecins c'est plus dur, on connaît moins les détails leur formation, elle est beaucoup plus longue et plus complète, dans la tête de plusieurs les médecins savent tout. Par contre, dans les faits, les médecins passent le plus de temps sur les pathologies, les maladies, les traitements, comment ils fonctionnent et ce qui se passe dans le corps. Ils survolent plusieurs sujets "simples" pour s'attarder à des sujets complexes et c'est normal!
Je lisais dans "Bien Vivre L'allaitement" qu'au Québec, les médecins dans leur formation reçoivent moins de 10 heures d'information sur l'allaitement et ils y voient le "comment ça marche" le côté biologique, les problèmes reliés, les maladies (à titre comparatif les infirmières environ 10h et les sage-femmes plus de 27h). Ils ne sont pas là référence pour ça, c'est tout. Au même titre qu'ils ne sont pas la référence pour les produits d'assurance ou les choix de fauteuils inclinables. Chacun sa spécialité. Leurs conseils peuvent être intéressants, mais devraient être reçus comme ceux d'une matante ou d'une amie. C'est son opinion personnelle.
Plusieurs sujets ne sont pas du tout la spécialité des médecins (même les pédiatres), l'alimentation autonome (DME), l'autonomie des bébés/jeunes enfants, le sommeil, la routine, l'apprentissage de la propreté, les interventions, le choix des souliers... Bref les médecins ne sont pas des psycho-éducateurs, ne sont pas des nutritionnistes ni des ergothérapeutes... Faut arrêter de leur donner toutes les connaissances et de prendre leur dire pour du cash.
Comme dans toutes les décisions il faut s'informer, lire sur internet à profusion, lire des livres d'auteurs crédibles qui se sont vraiment attardé au sujet, discuter avec les gens, suivre notre guts et notre logique, éviter de prendre n'importe quelle opinion comme étant la seule, la vérité absolue.

mercredi 14 juin 2017

Ressources dépression & endettement

Des sujets tabous on en a moins qu'ailleurs, tant mieux, mais il y en a quand même. J'ai toujours essayé de ne pas avoir peur de partager mon expérience avec ces problèmes tabous en me disant que si quelqu'un le vit sans le dire, il/elle se sentira peut être plus à l'aise d'en parler si j'en parle ouvertement et honnêtement. Personne ne devrait être gênée ou se sentir coupable de vivre (directement ou indirectement) ces problématiques, elles sont tout aussi graves et répandues que les autres, et les garder "secrète" je n'ai pas encore trouvé ça sert à qui.

J'ai eu à dealer, j'ai trouvé (difficilement) des ressources et je pense que ça ne doit plus être tabou.

Donc au cas où quelqu'un un jour tombe sur mon post, voici les ressources que j'ai trouvées et utilisées selon les problématiques. Mon experience, au Québec.

Dépression majeure/tentative de suicide d'un proche

- 811 Info-Social: Ça n'existait pas quand ça m'est arrivé, mais maintenant que ça existe je le mets : c'est comme info-santé que tout le monde connaît, mais pour des problèmes sociaux (santé mentale, problèmes financiers, problèmes relationnels peu importe). Ce sont des intervenants sociaux et des psychoéducateurs au téléphone 24/7 qui écoutent, conseillent et dirigent vers les ressources de la région.
-1-866-APPELLE : soutien télephonique pour les gens qui pensent au suicide ou les proches de ceux qui vivent la dépression. Ils sont très gentils, bien informés, disponibles 24/7 et c'est rassurant.
- Urgence Psychiatrique à l'hôpital: expérience vraiment dégueulasse, passez pas par là si vous avez le choix. Tout le monde y est traité comme un déchet, autant les schyzophrènes que les gens en psychose, les gens dépressifs que les déficients intellectuels violents. Des gens agités qu'on pique à je-ne-sais-quoi de force et qui ne font pu de bruit pendant 12 heures, c'est traumatisant.
- Centre de crise : très bonne expérience c'est une maison où les gens en crise dorment, reçoivent du soutien, cuisinent et écoutent la télé; c'est très humain, c'est beau, on ne traite pas les gens comme des débiles et on peut recevoir de la visite là-bas, faire des appels. C'est de l'hébergement courte durée, il y en a dans plusieurs régions du Québec, googlez ça vous allez trouver leur site.
- Thérapie individuelle : sur le site de l'ordre des psychologues du Québec, chaque psy a sa fiche, son type de thérapie et son adresse. Notez-en quelques uns et appelez-les, de mon expérience ils rappellent vite et sont disponibles. Ça c'est au privé (environ 90$/50 min par semaine). Au public (gratuitement) c'est via le CLSC, la ligne 811 Info-Social pourra vous guider et faire la référence, pas besoin de voir un médecin ni rien. Il y a environ 3-4 mois d'attente, mais selon le cas ça peut être plus vite.

Problèmes financiers/endettement

- Info-Social 811 (encore)
- ACEF (Association Coopérative d'Économie Familiale): c'est un organisme qui aide les gens à établir leur budget, gérer les problèmes d'endettement, trouver des solutions et qui soutient les personnes. Tout le monde commence par une rencontre budgétaire pour établir la situation, ça dure environ 2 heures et ils sont seulement disponibles de jour (lundi au jeudi), mais ça vaut la peine de trouver un moment. Ils sont disponibles pour rencontrer rapidement, sans délai. Il y en a dans plusieurs région du Québec.
- Les Débiteurs Anonymes : groupe de soutien dans le même genre que les Alcooliques Anonymes, mais orienté vers les dettes. Ils ont 12 étapes (comme les AA) et à chaque rencontre ils parlent plus précisément d'une étape. C'est un peu axé sur la religion et il y en a un peu moins partout au Québec, mais il y a des rencontres à Montréal.

- Livre "J'achète trop et j'aime ça" Claude Boutin.
- Livre "En as-tu vraiment besoin" Pierre-Yves McSween (c'est plus de la prévention que de la gestion de crise, peut être plus adapté pour les proches que pour la personne touchée)

mardi 13 juin 2017

La vie qui nous stress

La vie c'est stressant, pas tout le monde qui réagit de la même façon, pas tout le monde qui en reçoit la même quantité, mais tout le monde est sujet au stress.

On dirait que le mot stress à une connotation dans notre langage. Quand je parle de stress à quelqu'un, on me parle de nervosité, de tics nerveux, d'hyperactivité ou de manque de cohérence. Oui ça peut ressembler à ça, mais ça peut ressembler à tout et n'importe quoi, le stress c'est "l'état réactionnel de l'organisme à une agression" (Larousse). En science on parle de stress quand on étire un élastique, quand on chauffe un liquide, quand quelque chose a besoin de s'adapter à un stimulus extérieur.

Pour une la réponse au stress c'est d'être contrôlante, pour l'autre ce sera de ne plus bien dormir, pour une autre d'être toujours malade à répétition, ou de perdre patience à rien, ou d'être ben trop émotionnelle, ou d'avoir le shake, ou de ne plus manger, de perdre confiance, de voir tout en gris... C'est tout des réactions normales au stress que j'ai vues, chez les autres ou chez moi. Toutes ces petites choses qu'on ne sait pas trop pourquoi on est de même, c'est notre corps qui essaie de se protéger, à cause des hormones qui lui envoient des messages d'alerte.

En conférence, un psychologue expliquait que le cerveau ne différencie pas les grosseurs de stress. La réaction hormonale et physique est la même si un lion nous court après dans la jungle que si une collègue nous fait un commentaire qui vient nous chercher. Il appellait ça nos "mammouth" et disait que c'est facile de partir à la chasse aux mammouths, ils reviennent toujours quand on se couche, quand tout est calme, ils reviennent et on doit s'en occuper.

Tout le monde vit du stress, même ceux qui le gèrent bien doivent quand même le gérer, c'est juste qu'ils sont plus habiles. Et ceux (comme moi) qui sont peu habiles doivent s'outiller, se donner des moyens, travailler fort pour pas se laisser bouffer par le stress.

Quelques petites choses qui m'aident, personnellement, à gérer et contrôler mon stress:

- Éviter ce qui me préoccupe gratuitement (mettons les nouvelles (télé ou radio), les films tristes, les films épeurants, les vidéos d'animaux qui se font maltraiter, les chansons ou les livres tristes) je peux très bien vivre sans tout ça
- Rassurer la petite fille en moi, me parler "Ça va aller, c'est normal que ça me tracasse mais j'ai tout fait ce qu'il fallait, un jour à la fois"
- Éviter les gens qui me drainent de l'énergie (pas nécessaire d'aller dire bonjour à cette collègue qui chiale tout le temps, ou d'aller au resto avec une personne négative/chialeuse)
- Demander conseil aux bonnes personnes, pas à tout le monde. Choisir les personnes qui vont vraiment avoir quelque chose à apporter à ma problématique, soit par leur vécu ou leur formation. Lire des forums et discuter avec des gens qui vivent la situation est bien plus efficace que de jaser de problèmes avec des gens qui supposent, font des jugements sans s'y connaître ou sans être respectueux ni ouverts
- Réaliser et verbaliser que je ne suis pas la plus habile avec le stress, expliquer aux gens autours de moi mes mécanismes de défense et mes "patterns" pour éviter que ce soit attribué à une mauvaise intention. M'excuser quand je fais des gaffes
-Me concentrer sur le positif, écrire mes gratitudes de la journée, faire attention quand je raconte un moment de ma vie pour mettre l'accent sur le positif, c'est comme ça que mon cerveau s'en souviendra dans plusieurs années.

jeudi 8 juin 2017

Accepter les émotions, pas si facile

Récemment j'ai appris que ma meilleure amie partait pour les 4 prochaines années dans une ville à 3h de route de chez moi pour ses études... Ça m'a fait beaucoup de peine, considérant que ça ne correspondait pas à ce que je m'étais imaginé de mes premières années avec un bébé, que ça pétait ma bulle solide.

Le soutien des gens autour de moi dans cette peine était merdique (sauf exception) : on me faisait sentir que j'étais égoïste d'avoir de la peine, que je devrais être contente pour elle, que 3h de route ce n'est pas si pire, que plein de monde le font, que je devrais pas compter sur elle...

Bref beaucoup de "correction" de comment je devrais me sentir plutôt que d'acceptation de comment je me sens.
J'avais vécu le même genre de soutien poche quand je trouvais ça dur au début le retrait préventif, alors que d'arrêter de travailler du jour au lendemain me faisait sentir inutile et déprimée.. "Tu sais pas ce que je donnerais pour avoir des vacances", "Tu devrais en profiter bientôt tu vas pu avoir de temps pour toi" ou "Pas trop dur d'etre en congé?" (Ton sarcastique). Tous des commentaires qui ajoutaient de la culpabilité à ma déprime déjà dominante.

On fait ça aussi avec les enfants "C'est correct" ou "Ça va" quand ils pleurent (quand il nous exprime que quelque chose n'est pas correct), "Arrête de pleurer", "C'est assez", "Fâche toi pas pour ça" ou "Y'a pas de quoi avoir peur", même dit avec toute l'amour du monde, ça reste que le message c'est qu'ils ont pas raison de vivre ça. Rentre aussi là-dedans toutes les distractions avec les bébés, brasser un hochet devant son visage quand il pleure ou lui donner un biscuit pour plus qu'il ait peur du gros tracteur... Je trouve ça tellement peu respectueux de leurs émotions, le même principe que quand je vais magasiner ou manger une crème glacée quand je me sens tout croche, ça me fait sentir mieux sur le coup, mais la peine est pas partie, elle est juste cachée, elle va remonter c'est sur.
Ça fait un petit bout quand même que j'ai porté une attention à ces phrases-là, à ma façon d'accompagner les enfants dans leurs émotions qui sont moins belles, celles qu'on aimerait leur éviter si on pouvait (colère, tristesse, peur). La bonne façon, celle par laquelle on se sent soutenu et entendu, c'est l'acceptation, la reformulation de ce qu'on exprime.


Avec des bébés (0-2 ans) ça ressemble à :
"Qu'est-ce que tu veux me dire? Oh oui tu veux me dire quelque chose"
"Tu veux me dire que ça te fâche? Oh oui tu le montres bien, toi tu es fâché"
"Toi tu voulais prendre le ballon, ça t'a fait de la peine"
"Je vois tes yeux qui pleurent, j'entends ta voix très fort, tu as de la peine"
"Je suis là pour toi, je t'entends, je suis là pour t'aider"
" C'est correct d'être fâché, tu peux le dire (en faisant le signe) "Fâché"
" Tu ne le connais pas le monsieur han, il s'appelle XYZ et il vient pour telle raison"
" On est jamais venu ici han, c'est le cinéma, il fait plus froid et il y a une grosse musique, je vais rester près de toi"
" Tu es tombé, tu essayais de marcher et il est arrivé un accident, je suis là pour te consoler"

Avec des enfants plus vieux (3-5 ans)
"Ça ne va pas à ton goût? Dis-moi"
"Qu'est-ce qui te dérange?"
"Qu'est-ce que tu veux me dire?"
"Je suis là pour t'aider, dis-moi"
"Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider?"
"Y a eu un gros bruit quit t'a fait peur han, moi aussi je l'ai entendu, c'était fort"
"C'est normal d'avoir de la peine, moi aussi des fois j'ai beaucoup de peine"
"Tu as beaucoup de colère, je vais te laisser du temps pour te calmer, je suis là si tu as besoin"
"C'est pas facile pour toi"

Et tant qu'à y être pour les adultes:
"Ça va pas comme tu veux?"
"C'est sur que c'est fâchant"
"Ça doit te briser le cœur"
"Wow je te comprends"
"Ça doit être dur pour toi"
"Quelle merde"
"Peut-être que tu pourrais..."
"J'ai l'impression que..."
"Ça fait remonter tout plein de choses c'est sûr"
"Je t'envoie plein d'ondes positives"
"Tu es forte, je sais que tu vas être capable"
"Ça sera pas facile, mais j'ai confiance que tu vas être capable"
"Je vais être (suis) là pour toi"
"Ça te ferait tu du bien qu'on aille prendre un café?"
"T'es belle, t'es bonne, t'es capable"

Bon je dis pas que je suis une amie ni éducatrice parfaite loin de là, mais y'a des choses plus aidantes que d'autres, des personnes plus aidantes que d'autres... Il faut arrêter de vouloir réparer les émotions des autres, même si ça va tout contre notre instinct de maman, d'amie, de blonde...

Toutes les émotions sont valables du moment que quelqu'un quelque part les vit, c'est pas négociable ni réparable. Faut arrêter collectivement d'essayer de faire disparaitre miraculeusement les émotions qui nous rendent mal à laise, elles sont là, on s'en occupe.

mercredi 7 juin 2017

Tu accouches pas à l'hôpital?

Ça fait toujours weird pour les gens, ils prennent pour acquis que je vais avoir le même suivi que les femmes qu'ils connaissent et je comprends ça, mais je suis pas comme les autres, je veux rien comme les autres et je ne fais rien "parce que tout le monde le fait" (êtes-vous vraiment étonnés?)

J'ai choisi le service sage-femme pour plein de raisons, je savais que c'était ce que je voulais avant même d'essayer de tomber enceinte, parce que dans la vie je suis de même, je ne prends aucune décision à la légère, j'explore mes choix, je pèse le pour et le contre, je parle à des gens, je lis de façon excessive, j'écoute mon feeling, mon guts...bref voici les principales choses qui m'ont séduites, dans ma situation à moi, selon mon feeling et mon instinct (je suis pas celle qui va juger les choix des autres, ni ceux de nos parents ni ceux des autres femmes autour de moi, chacun a le droit à ses décisions selon sa situation)

-La stabilité : une équipe de 3 sage-femmes fait mon suivi en alternance et ce sera une d'elles qui accompagnera mon accouchement, pas un inconnu, aucune chance

- Le choix-éclairé : on m'explique les faits sans essayer d'influencer mes décisions par rapport aux différentes interventions du suivi, on me fait confiance sur mes capacités à m'informer et à prendre ces décisions. On respecte que c'est ma grossesse et pas la leur, j'ai le droit de la vivre comme je l'entends

- La maison de naissance : elles sont conçues comme des maisons, on s'y sent bien et les parents sont mis au centre de leur aménagement. Par exemple : chaque chambre a son lit double pour permettre à mon chum de dormir avec moi, chaque chambre a son bain, ses foulards au plafond, ses outils pour faciliter l'accouchement pour les mères (pas pour l'équipe médicale)

- La confiance en l'équipe : les sage-femmes ont un BAC (4 ans) en accouchement normal, selon moi pour un accouchement normal elles ont plus de formation que les médecins, qui passent leur formation de base et leur spécialité Ob/gyn à parler des complications, des problèmes, des pathologies, ce n'est pas une mauvaise chose, mais chacun sa spécialité. Aussi, les sage-femmes ont une expertise à déceler les problèmes avant qu'ils surviennent, à reconnaître les premiers signes et à essayer plein de choses pour éviter que l'accouchement sorte de la normalité, elles ne vont pas laisser les choses dégringoler jusqu'à ce qu'il soit trop tard et que ce soit une question de minute. Et oui si il y a une complication je vais y aller à l'hôpital, je vais utiliser les ressources disponibles et les médecins compétents pour gérer ça, ce sont 2 sujets complètement indépendants.



Pourquoi l'hôpital me tente pas comme solution à la base (sans signe de complication ou autre raison valable) :

- La grossesse ce n'est pas une maladie, et malheureusement c'est traité comme si ce l'était à l'hôpital (oui oui je sais qu'il y a de belles naissances à l'hôpital, que tu as eu une belle expérience ou que des femmes autour de toi en ont eu, mais faut se rappeler que chacun amene ses critères de qualité selon son background, ses lectures et sa préparation, ce qui est "Ben correct" pour une ne le sera pas nécessairement pour une autre)

- La banalisation des interventions, étant donné que le personnel en fait tous les jours, elles les voient comme étant banales. Ce n'est pas vrai que tous les protocoles des hôpitaux ont été mis en place selon des études, des statistiques, suite à des incidents ou des recherches intensives sur le sujet. Plusieurs protocoles sont là juste parce que, peut-être que c'est pour enlever du travail aux infirmières ou aux médecins qui en on déjà beaucoup sur leurs épaules, peut-être que c'est parce qu'on a toujours travaillé comme ça et qu'on a pris l'habitude, peut-être que c'est pour des risques et des peurs qui n'ont jamais été corroborés par des études, peut-être que c'est simplement parce que. Personnellement je ne me sens pas bien dans des protocoles qui sont mis en place pour quoi que ce soit d'autre que pour assurer la santé des mamans et des bébés. Je veux pas rentrer dans les exemples, si ça vous intéresse vous lirez, sinon faites confiance à toutes les heures que je passe à lire et m'informer là-dessus, comme vous préférez.

- Le côté impersonnel des hôpitaux: les infirmières qui changent et se relaient, les étudiants, les différents médecins, les préposés...je les blâme absolument pas, leurs conditions de travail ne sont pas faciles et ce n'est pas elles/eux le problème, c'est le système, la façon que c'est organisé qui me dérange.

Bref quand ce sera toi qui accoucheras, tu pourras choisir d'accoucher où tu as envie, aujourd'hui, ici, maintenant c'est notre famille, notre accouchement et notre décision =)
Belle lecture : Isabelle Brabant, "Une Naissance heureuse" qui m'a pris environ 23 heures à lire au complet

dimanche 4 juin 2017

Mythe de la bienveillance #3


Je m'intéresse beaucoup à la bienveillance, à l'éducation positive, au maternage. C'est une philosophie qui me parle, et que je crois l'avoir bien compris au fil de mes lectures, mes expérimentations et ma formation. Mais sur des groupes de mamans Facebook et avec des parents que je côtoie, il y a un problème assez répandu (autant par les parents qui y adhèrent que ceux qui trouvent que ça leur correspond pas), la mauvaise interprétation et compréhension du maternage, de la bienveillance. Sûrement par manque d'information, de temps pour bien lire, peut-être par manque d'education générale qui fait que les articles qui les éclaireraient ne sont pas assez vulgarisés pour qu'ils saisissent bien. Dans cette série j'explorerai plusieurs sujets qui sèment la zizanie parmi les adeptes et qui suscitent les jugements (parfois avec raison, parfois sans raison).

Les caprices n'existent pas

On lit plusieurs articles, et ils le disent clairement, mais sont mal interprétés par des mamans qui lisent vite (je suppose). C'est encore une question de mot, le mot caprice implique une intention, de la malveillance, de la manipulation, une intention maléfique, c'est ça qui n'existe pas. Le cerveau des enfants en bas-âge n'ont pas ces capacités, ne peuvent pas avoir de désir de vengeance ou d'intention de manipuler l'adulte.

Par contre, ça ne veut pas dire que si une stratégie fonctionne pour un enfant il ne va pas la réutiliser parce qu'il est fondamentalement honnête et bon. Les enfants apprennent par action/réaction: quand je pousse la porte, elle bouge, quand j'envoie de l'air dans ma gorge, je contrôle le bruit, quand je contracte mes muscles, mes doigts bougent. Les enfants apprennent comment le monde fonctionne par essai-erreur, ce qui marche ils le reproduisent, ce qui ne marche pas (avec constance) ils l'abandonnent (c'est pourquoi on voit rarement des enfants qui poussent sur les murs en essayant de les ouvrir, mais des enfants qui poussent sur les portes! Ça oui!)
Ils arrivent dans le monde avec peu de contrôle sur quoi que ce soit et ils partent en quête de toujours plus de contrôle.
"Les caprices n'existent pas" est souvent interprétée comme : les enfants savent différencier les besoins des désirs. Par exemple : il mange que du pain, mais les enfants n'ont pas de caprices, je lui en redonne. Il fait la crise pour aller au parc avec papa plutôt que maman, mais les enfants n'ont pas de caprices alors c'est papa qui va y aller.
Les besoins et les désirs sont des pulsions extrêmement puissantes pour l'enfant, elles se confondent et ses capacités à les différencier et les contrôler vont se paufiner jusqu'à l'âge adulte. Ce serait irréaliste de demander à un enfant de 3 ans de planifier et d'organiser une routine de famille du matin, avec 2 voitures 2 parents, 2 enfants à aller reconduire. Pourtant quand l'enfant fait la crise parce qu'il veut embarquer avec papa dans la voiture rouge, on lui remettrait la décision entre ses mains et on changerait les plans? (Je l'ai déjà vu) Non les enfants n'ont pas de caprices, mais les enfants ont des envies et des moyens de les atteindre qu'ils ont testé et approuvés.

Intervention
Maintenant qu'on comprend ça et qu'on veut intervenir, il faut trouver ce qui renforce le comportement pour aider à ce que cette stratégie qui nous dérange (par exemple la crise) ne fasse plus partie de la liste des choix gagnants. Je ne suis pas fan du béhaviorisme comme stratégie d'intervention, mais force est d'admettre que ça fonctionne (au détriment de plusieurs choses, mais ça fonctionne). Je ne suggère pas d'utiliser les renforcements et les punitions pour atteindre nos buts, mais plutôt de s'attarder aux renforcements involontaires (c'est sûr qu'il y en a, sinon la stratégie aurait été mise de côté par l'enfant, au même titre que pousser les murs pour qu'ils s'ouvrent).
Quelques pistes de renforcateurs possibles
- contrôle émotif sur l'autre (suscite une réaction émotive de l'adulte, fait réagir, fait perdre patience, etc)
- moment d'attention (positive ou négative)
- réaction d'un groupe ou d'une personne (rires, réconfort, "Hoonnn", etc)
- affection
- stimuli sensoriel (bruit, mouvement, sensation, parent qui parle beaucoup)

Quand on en trouve un, on essaie de le supprimer de notre intervention,
 - Intervenir sans émotion à une crise (visage neutre:  "quand tu seras prêt on pourra continuer l'épicerie, je suis là près de toi, je suis là pour t'aider")
- Intervenir sans paroles (descendre l'enfant debout sur le sofa avec les mains sans parler, aller chercher un enfant fugitif par la main sans parler)
- Ignorer un enfant qui lance sa cuillère par terre, la laisser sur le plancher sans rien dire, s'il la demande on nomme simplement que c'était sa décision de la lancer par terre, maintenant c'est fini
- Garder nos interventions courtes et concises ("je vais pas te laisser me frapper" plutôt que "ça fait bobo à maman quand tu frappes j'aime pas ça, ça me fait de la peine, fais des doux-doux comme ça, on fait pas mal aux autres, non")

Article #1 : La bienveillance vs la surprotection
Article #2 : Éviter de dire NON

Mythe bienveillance #2

Je m'intéresse beaucoup à la bienveillance, à l'éducation positive, au maternage. C'est une philosophie qui me parle, et je crois l'avoir bien compris au fil de mes lectures, mes expérimentations et ma formation. Mais sur des groupes de mamans Facebook et avec des parents que je côtoie, il y a un problème assez répandu (autant par les parents qui y adhèrent que ceux qui trouvent que ça leur correspond pas), la mauvaise interprétation et compréhension du maternage, de la bienveillance. Sûrement par manque d'information, de temps pour bien lire et s'informer, peut-être par manque de vulgarisation des articles proposés. Dans cette série j'explorerai plusieurs sujets qui sèment la zizanie parmi les adeptes et qui suscitent les jugements (parfois avec raison, parfois sans raison).
Éviter de dire "NON"
C'est une stratégie qui est tellement mal interprétée qu'on a peur d'en parler. La stratégie c'est d'éviter le mot "non" mais pas d'éviter de refuser des choses, juste le mot, simplement parce qu'il est absolument inefficace, surutilisé, à connotation diabolique et honnêtement pas très respectueux.
Il y a 100 façons de refuser sans dire non:
- Je suis pas d'accord
- J'accepte pas
- Je vais pas te laisser
- C'est pas un bon moment
- Tu as entendu ce qu'il a dit (ou ce que j'ai dit)
- Ce n'est pas une bonne idée
- Je n'ai pas envie
- Trouve-toi un autre moyen
- Nommer l'intention (tu veux toucher le toutou)
- Nommer l'action (on va le redéposer maintenant, on va s'éloigner maintenant)
- Proposer de l'aide (je vais prendre ta main pour y aller)
Un truc c'est de se demander ce qu'on dirait à un adulte, un adulte qui a clairement besoin d'aide, qui n'est pas en parfait contrôle, mais un adulte qui mérite tout notre respect quand même. On ne crierait pas "non!" à moins que ce soit une situation d'urgence où il va se pitcher en bas du pont, ça devrait être pareil pour l'enfant, parce qu'il a droit au même respect. En plus, quand les enfants comprennent la puissance du mot non et qu'ils l'utilisent avec nous, ça nous pompe. Pourquoi? Parce que ce n'est pas respectueux, on a du mal à l'admettre, mais c'est ça. Un enfant qui nous dit qu'il est pas d'accord ou qu'il n'a pas envie, ça sonne déjà mieux, ça va dans les 2 sens.
Arrêter ou éviter de dire "non" c'est pour agir sur une ambiance désagréable, une relation qui s'est détériorée, une lourdeur dans les interventions, un sentiment d'être un perroquet rabat-joie fatigant (been there done that). Ça n'a pas rapport avec les enfants-roi ni le laxisme (laisser-faire) ni le fait de toujours dire oui.

Mythes de la bienveillance

Je m'intéresse beaucoup à la bienveillance, à l'éducation positive, au maternage. C'est une philosophie qui me parle, et que je crois l'avoir bien compris au fil de mes lectures, mes expérimentations et ma formation. Mais sur des groupes de mamans Facebook et avec des parents que je côtoie, il y a un problème assez répandu (autant par les parents qui y adhèrent que ceux qui trouvent que ça leur correspond pas), la mauvaise interprétation et compréhension du maternage, de la bienveillance. Sûrement par manque d'information, de temps pour bien lire, peut-être par manque de vulgarisation de l'article. Dans cette série j'explorerai plusieurs sujets qui sèment la zizanie parmi les adeptes et qui suscitent les jugements des autres (parfois avec raison, parfois sans raison).
Le maternage vs la surprotection
Celui-là est plus répandu chez ceux qui n'adhèrent pas, mais j'en vois aussi chez des parents qui mettent ça sur le "dos" de la bienveillance. La ligne est mince, il faut faire attention. La bienveillance c'est de ne pas hésiter à répondre à un besoin réel exprimé par l'enfant. Ça se base sur des connaissances  pointues des particularités de notre enfant, mais aussi sur des faits scientifiques sur la maturation du cerveau, les stades de developpement, etc. Ex: donner du réconfort à un nouveau-né qui pleure, porter un enfant dans une situation qui le stresse, accompagner un enfant dans l'endormissement, intervenir de façon respectueuse auprès de lui.
Maintenant la surprotection c'est de répondre aux désirs ou aux besoins non-exprimés de l'enfant pour répondre à notre besoin d'adulte. Ça peut être dû à une mauvaise compréhension du développement de l'enfant ou à une envie de lui plaire. Par exemple : faire un 2e repas à notre enfant qui n'aime pas ce qu'on a cuisiné ou ne jamais aller au parc vu qu'il peut y avoir des chiens. La surprotection peut être nuisible au développement de l'enfant, soit il ne vit pas assez d'expériencs enrichissantes au quotidien pour développer sa personnalité et des habitudes saines, soit il a beaucoup trop de contrôle sur son quotidien et ça devient très insécurisant pour lui.
La fermeté et la bienveillance sont des concepts très différents et indépendants, la constance, la consistance et le respect peuvent très bien être présents dans nos interventions bienveillantes, la vraie différence c'est la façon qu'on va le nommer, les choix qu'on fait demeurent les mêmes. Au bout du compte si j'ai dit que c'était le moment de partir, ça va être le moment de partir. Que je sois bienveillante ou pas, les limites sont sécurisantes pour un enfant et il en a besoin pour bien se développer. Non je ne vais pas crier, menacer, intimider...mais ça ne veut pas dire que je surprotège, ça veut dire que je le respecte.
D'autres sujets à venir :
Article 2 : Éviter de dire NON
Article 3 : Les caprices n'existent pas

mercredi 31 mai 2017

Les jugements d'allaitement

Il y a plusieurs raisons pourquoi les jugements par rapport à l'allaitement viennent me chercher, le principal étant que ce n'est des affaires de personne d'autre que les 2 parents et l'enfant, mais aussi parfois parce que l'argument en tant que tel est même pas fondé, logique ou vrai.

L'argument de "s'il devient arrogant pour le demander, c'est le temps d'arrêter" est le pire des pires. Le choix d'allaiter ce n'est pas le choix de donner des bonbons ni du chocolat, ce n'est pas une récompense quelconque. C'est parce que les mamans pensent que c'est le meilleur choix pour nourrir leur enfant. Si on doit le comparer à une autre nourriture, c'est l'équivalent d'un bouquet de brocoli, d'une pomme. On choisit l'allaitement parce qu'on sait que c'est le meilleur lait pour notre enfant, qu'il n'y a rien au monde qui soit conçu, adapté et produit spécifiquement pour ton enfant à part le lait maternel.
Je dis pas que c'est ok que mon enfant soit arrogant pour demander le sein, je dis simplement que c'est un problème absolument indépendant. Oui il faut l'adresser, on le laisse pas faire et on n'accepte pas ça (au même titre que s'il était arrogant pour demander du brocoli) mais on ne cesse pas de lui en donner pour autant. On intervient comme on le fait si souvent, parce que les enfants explorent, découvrent, s'adaptent, essaient : c'est leur travail. Donc oui un enfant irrespectueux pour demander le sein c'est un problème, un problème de politesse, de respect, de ce qu'on tolère et ce qu'on corrige, mais ce n'est pas un signe que l'allaitement est trop long.

lundi 29 mai 2017

Ton "autre" shower

Addict à Pinterest comme je le suis, j'y découvre des merveilles. La dernière : le "Blessingway"

C'est une tradition ancienne, l'ancêtre du Shower de bébé qu'on connait en Amérique, une fête de la bédaine, une cérémonie de la maternité. Elle se distingue du Shower par la personne qu'on y célèbre: la maman plutôt que le bébé. C'est une fête plus spirituelle que matérielle (lire hippie/grano/bohème). C'est axé sur le passage de la femme à la maternité, sur la force nécessaire pour accoucher, sur le cercle de soutien autour d'elle.. normalement il y a une dizaine de femmes, pas plus que ça. Ça se fait tard dans la grossesse, quelques semaines max avant d'accoucher.
Ok mais qu'est-ce qu'on fait là?
C'est la beauté de la chose, c'est la maman qui décide, il y a quelques idées, mais on choisit celles qui nous ressemblent, aussi hippie ou pas-hippie-pentoute qu'on est, que nos amies le sont. Moi je suis low-profile-hippie, mes amies pas-très-hippies donc je suis allée pour des activités dans ce sens là, le but c'est pas de mettre personne mal-à-l'aise. Il y a autant de Blessingway que de femmes qui vont accoucher.

  • Chaque invitée amène une fleur cueillie ou achetée pour faire une couronne de fleurs à la maman
  • On inscrit chacun nos peurs pour l'accouchement, nos craintes par rapport à ses choix, nos anxiétés...et on les brûle sans les lire (ou on les lance dans la rivière?). On arrête d'y mettre de l'énergie, on se concentre sur le positif
  • On nomme chacune notre tour nos grand-mères et notre mère (et notre bébé si bébé il y a), notre lignée d'accoucheuses
  • On enroule une même ficelle autour de nos poignets qu'on coupe ensuite pour se faire des bracelets de soutien. Chaque fois qu'on regarde notre bracelet dans les semaines qui suivent, on envoie des ondes positives à la maman

  • On dessine du Henna sur la bédaine de la maman pour la rendre plus belle

  • On met par écrit des affirmations positives pour l'accouchement, on créé des décorations qu'elle pourra amener dans sa pièce d'accouchement

  • On décore toutes ensemble un moulage de plâtre de la bédaine
  • On repart chacune avec une chandelle à allumer quand la maman commencera son travail en guise de soutien à distance. On discute de ce qu'on a envie en terme de soutien pour le "après" (visites, pas de visite, quand où comment)
D'autres idées qui fittaient moins avec moi, pour différentes raisons, mais que vous aimerez peut-être intégrer :
  • Massage collectif, coiffure, manucure, pédicure
  • Chansons, textes, témoignages récités à voix haute
  • Au lieu d'une fleur pour une couronne, des billes/perles pour un collier ou un bracelet qu'elle portera à l'accouchement
  • Un pot-lock (chacun amène un plat de bouffe à partager)
  • Au lieu du henna, peinture sur le ventre ou faux-henna au eye-liner
Personnellement j'ai un Shower traditionnel aussi, premièrement parce que le soutien financier est le bienvenu, aussi parce qu'il y a beaucoup de monde avec qui j'ai envie de célébrer, mais qui ne sont pas dans mon petit cercle intime, qui ne sont pas ouverts à mes histoires hippies et que mon chum a droit au lot de soutien, d'excitation et de célébration qu'apporte le Shower. Je trouve que les deux se complémentent. Et aussi je trouve ça parfait pour une deuxième-troisième-quatrième grossesse, alors que traditionnellement il n'y a pas de Shower.

Finalement, ça prend quelqu'un pour l'animer, expliquer ce qu'on fait, gérer le temps, avoir le matériel prêt...et moi je trouvais ça weird de faire ça moi-même, vu que le sujet et la célébration c'est moi. Bref les personnes ressources (à moins d'avoir une amie hippie/grano/bohème qui a le temps et l'énergie d'organiser ça) c'est les doulas (Accompagnante à la naissance)! Elles n'en organisent pas toutes, faut leur demander et voir avec elles leur prix/services.

Celle que j'ai choisi après plein d'échanges de courriel avec plusieurs doulas et quelques rencontres (je suis en retrait préventif, j'ai le temps!) c'est 
Marie-Jeanne  : voici son offre de service sur son site web, ça coûte 150$-200$.

samedi 27 mai 2017

Être enceinte ou Julie Snyder


Moi être le centre d'attention je trippe pas, je suis pas de même, je suis discrète, je fais pas de bruit, je souris en attendant que la dame à l'épicerie remarque que je veux passer au lieu de dire "pardon madame je voudrais passer", je marche doucement, je siffle pas, je chante pas dans les magasins, j'ahis ça me faire regarder...


Mais là je suis enceinte, et soudainement les gens me connaissent, je me sens comme Julie Snyder, ils disent à leur mari "regarde la belle bédaine"... Tout d'un coup les inconnus prennent pour acquis que je ne suis pas socially awkward, que j'aime les interactions, partager ma vie privée avec tout le monde.....pour vrai quel enfer que vivent les gens connus, jamais tranquille.
C'est un beau problème et toutes ces personnes ont des belles intentions, mais lâchez les femmes enceintes, au même titre que vous ne les regardiez pas avant qu'elles aient une bédaine, votre engouement pour elles vient de vous, de votre souvenir de vos grossesses, de vos envies d'être grand-parents, de votre deuil de ne jamais avoir eu d'enfant ou de petits enfants, ça ne lui appartient pas, elle vit sa vie, vivez la vôtre, passez votre chemin.
Hier le monsieur qui m'a dit que j'allais avoir un beau bébé en santé vu que j'avais des beaux yeux bleus, c'est fin pis toute mais qu'est-ce que ça veut dire au juste? À quoi ça sert au juste? Continue ton chemin, laisse moi ma bulle avec déjà tous les gens autour de moi que je dois gérer et qui veulent toucher mon (presque) pubis. Arrête de me dire de faire attention dans les marches et de me laisser 3m pour passer à côté de toi, je suis enceinte, pas en porcelaine, ni grosse comme un 18 roues. Merci Charley, mais vis ta vie, je n'ai pas besoin de rien, je vais bien, je peux m'occuper de mon corps toute seule, comme je le faisais avant que ça parraisse que je suis enceinte.
Par exemple laisse-moi ta place dans le métro, ça j'aime ça ;)


vendredi 12 mai 2017

Elle est où la bassinette ?


On a choisi de ne pas acheter de lit à barreaux pour notre bébé. C’est sûr que c’est pas conventionnel, mais pas tout ce qui est conventionnel est le meilleur choix pour tous, le grand défi d’être parents c’est de faire ce avec quoi on est à l’aise. Voici quelques réponses aux questions qui vous sont sûrement venues en tête en lisant ça...
Donc bébé va dormir où ?
®   Le plan de match : À peu près les 6 premiers mois dans notre lit co-dodo (une genre d’extension de notre lit), ensuite sur son matelas au sol, dans sa chambre.
®   La réalité : chaque bébé est différent et on va s’adapter à ses besoins, ce qu’il nous communique au jour le jour.
Pourquoi?
®   Un meilleur accès à notre bébé: se coucher avec lui, l’allaiter dans son lit, l’aider à s’endormir sans être inconfortable,
®   Une meilleure relation avec le sommeil : encourager notre enfant (et nous) à mieux écouter ses signes de sommeil, être plus indépendant au réveil (pas besoin de pleurer pour appeler l’adulte)
®   Pas de bassinette à acheter, le matelas le suivra dans sa chambre d’enfant et d’adolescent




Ça vient d’où cette idée là ?
®   Maria Montessori, une pédagogue médecin des années 1900 qui croit que l’enfant devrait être accompagné pour être autonome le plus possible, dans le sommeil comme dans le reste. Non, on n’est pas fan de tout ce qui est Montessori, mais le lit au sol ça nous parle. Dans son livre l’Enfant (elle est un peu extrême) elle dit « Le lit des enfants qui savent se mouvoir seuls est une hérésie (…) les enfants sont les prisonniers d’une civilisation construite exclusivement par l’adulte pour le bien de l’adulte, qui se resserre toujours davantage, ne laissant à la liberté de l’enfant qu’un espace progressivement réduit (…) il peut ainsi abandonner cet être qui, sans doute, va pleurer, mais ne se blessera pas.(…) C’est ainsi que peut [par le lit au sol] s’ouvrir une ère nouvelle de l’éducation, celle de « l’Aide à la Vie ». Il faut clore l’époque où l’adulte considérait l’enfant comme un objet qui se prend et se transporte n’importe où quand il est petit et qui, plus grand n’a qu’à suivre et obéir. »
®   En fait, c’est intéressant de se demander pourquoi les bassinettes ont été inventées, pour répondre à quel besoin ? C’était pour les orphelinats, quand les femmes devaient s’occuper de 100 bébé à la fois, les nourrir, les langer, assurer leur sécurité. Ça répondait à leur contexte, à leur réalité et ça s’est popularisé un peu partout.
T’as pas peur qu’il ait froid? Qu’il tombe ? Qu’il sorte ?
®   Il y a quand même des précautions à prendre quand on choisit un lit au sol, elles sont pas si complexes, mais c’est vrai qu’il faut y penser : des coussins autour du lit au cas, des boudins aux extrémités du matelas, un sommier plat pour éviter la moisissure/l’humidité, une chambre complètement « babyproof » et une barrière à la porte pour éviter les accidents. Encore une fois on est là, on observe, on s’ajuste selon ce qu’on voit, on réagit, on se trompe et on réajuste.
®   Des histoires de bébé qui sortent de leur bassinette, ça se voit...qui ont froid dans leur bassinette aussi, qui se coincent les bras et les jambes dans les barreaux... bref il y a des risques peu importe le choix, autant être à l’aise avec celui qu’on fait.
Ok, mais quand il va être capable de se déplacer, de sortir de son lit?
®   Si un enfant est capable de se concentrer pour jouer calmement, c’est qu’il n’était pas assez fatigué pour dormir. Ça veut pas dire qu’on le laisse jouer toute la nuit, ça veut dire qu’on est à l’écoute et qu’on a l’humilité de dire que peut-être qu’aujourd’hui il s’endormira un peu plus tard. Ça ne change rien à la routine du dodo, à nos interventions qui invitent à se coucher, au climat propice à l’endormissement, on fait tout ça même si on a un lit au sol. C’est dommage, mais la bassinette n’est pas un outil miracle non-plus, un enfant qui prend une heure à s’endormir dans sa bassinette ça arrive tout autant.
®   Oui ça demande une grande disponibilité mais de toutes façons, à moins de laisser un bébé pleurer pour s’endormir, le sommeil d’un enfant ça demande une grande disponibilité, il y a plein d’enfants pour qui c’est un défi, avec un aménagement ou l’autre.
Finalement, c’est pas parce qu’on croit fort fort à notre lit au sol que ça va nécessairement être facile, que ça va être une solution miracle à quoi que ce soit et qu’on pense que le lit à barreaux c’est le démon. Chaque famille prend ses décisions pour elle et au final, ce n’est qu’eux que ça regarde ♥

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dimanche 30 avril 2017

Le rôle du parrain/marraine


Bientôt va voir le jour un petit bébé tout neuf, avec toute la vie devant lui. Les belles choses comme les moins belles, les bonnes personnes comme les moins bonnes et les beaux moments comme les moins beaux. Nous avons quelque chose en tête qui nous trotte depuis longtemps : choisir les parrain/marraine. Qui choisir, à quoi on s’attend de ces personnes-là, pourquoi c’est important pour nous....
Pour nous être parrain/marraine c’est pas très compliqué, c’est être là. Être présent, être proactif, être engagé dans la vie de l’enfant, développer une relation avec lui, apprendre à le connaître, devenir une personne importante pour elle/lui. Parce que ce n'est pas vrai que ça se fait tout seul, ni que ça vient de l'enfant.
La grande distinction entre « L’enfant de ma sœur » et « ma filleul », c’est la relation, c’est la façon dont on perçoit l’enfant, c’est sa réaction quand il nous voit versus quelqu’un d’autre. C’est l’engagement qu’on se donne de soutenir l’enfant, via les parents au début, mais directement envers le bébé aussi, c’est de le prendre, le changer, le regarder, jouer avec lui... plus tard l’inviter à souper et dormir, passer des journées juste tous les deux, l’écouter, s’intéresser à lui, découvrir ses passions et ses particularités, même si c’est pas toujours parfait, même si c’est pas toujours facile, être parrain/marraine c’est s’engager à être là, tout le temps, souvent.


C’est un grand engagement qu’on ne prend pas à la légère, on a choisi les deux personnes qui remplissent le mieux ce rôle là auprès de nous, les deux personnes qui sont là, depuis longtemps, pour écouter, soutenir, rire, penser à nous... Tant pis si ce sont deux filles, on a choisies celles qui correspondaient le mieux à nos attentes, de toutes façon les règles c’est nous qui les faisons. En acceptant, tu t’engages à appeler, à Skyper, à montrer ta face 1 fois par mois minimum, à  essuyer des fesses et des larmes, à chercher des activités sur lesquelles il/elle tripperait, à être là pour les boutes moins l’fun, mais aussi à avoir une nièce/filleul d’amour avec qui partager tout ça.

jeudi 27 avril 2017

Le comité décisionnel

Non je ne suis pas conventionnelle, je ne fais pas comme tout le monde. En éducation, je fais à ma tête, je refuse ce qui est convenu, je repense tout et tout le temps. Pas toujours facile d'être mon entourage, surtout depuis que je suis enceinte et que moi et mon chum on prend des décisions, on se questionne sur le genre de parents qu'on va être, le genre de famille qu'on va être. Ces décisions nous appartiennent, et le comité est très très restreint : moi et mon chum. Non pas les grand-parents, pas les parrains-marraines, pas les amies non-plus, surtout pas la p'tite madame de mon cours de yoga : moi et mon chum. 

  • Oui je compte allaiter longtemps, plus longtemps que tu penses;
  • Non je ne vais pas faire l'échographie de 20 semaines, on va recevoir le bébé qu'on aura, quand on l'aura (plus là-dessus sûrement éventuellement), non on ne saura pas le sexe d'avance;
  • Non je ne vois pas le médecin pour mon suivi de grossesse (mais j'adore ma sage-femme par exemple!);
  • Non je n'ai pas peur d'accoucher sans péridurale;
  • Non il n'y aura pas de bassinette dans notre chambre de bébé;
  • Non on n'a pas besoin de sauteur/balançoire/jumper/mobile/alouette pour mon bébé;
  • Oui je m'informe beaucoup sur tout, je lis des livres, des articles, des témoignages, j'en discute avec mon chum et lui propose de lire les plus pertinent, j'en parle avec d'autres mamans, ma sage-femme, ceux qui ont une ouverture d'esprit;
  • Non on ne va pas préparer de purées à notre bébé;
  • Oui on va utiliser des couches lavables ;
  • Oui je vais porter mon bébé si ça lui fait du bien;
  • Oui on va répondre aux besoins exprimés par notre enfant;
  • Finalement:  Non, notre famille ne sera pas la tienne, ni celle où tu as grandi (même si ta mère a fait ça et que tu n'es pas mort). 
Tous les parents font ce qu'ils croient être le mieux pour eux, pour leur enfant. L'important ce n'est pas tant ce qu'on fait, mais la façon dont on se sent par rapport à ce qu'on fait, l'important c'est d'être à l'aise avec nos choix et je pense pas que je me sentirais à l'aise, en ce moment, avec aucune des options contraires à ce que j'ai listé. En plus avec mon DEC en éducation à l'enfance, mon certificat universitaire en soutien pédagogique, mes 5 ans d'expérience d'éducatrice, mes centaines de lectures et de développement professionnel si j'avais la même opinion que ma mère et que la tienne d'il y a 25 ans sans formation ni expérience, ça serait weird non ? Ça serait beaucoup de temps et d'argent investi dans le vide.

Ça ne veut pas dire que ça ne changera pas, et si ça change tant mieux! Tant mieux si on a l'humilité de suivre les besoins changeants de notre famille, d'essayer des affaires, de renoncer et d'écouter ce qu'on ressent et ce qui fonctionne ou pas pour nous. Ça ne fait pas de moi une prétentieuse qui pensait que ce serait facile et qui se rend compte que c'est difficile être parent, je sais que ça va être la chose la plus difficile qu'on aura à vivre, mais ça devrait vouloir dire que j'abandonne tout de suite? que de peur que ce soit difficile je renonce aux choix que je considère les meilleurs ? Pas pour l'instant en tous cas.

Ça sonne agressif de même, mais je suis aussi ouverte à expliquer tout ça, à donner des articles en référence si ça t'intéresse, mais pas à débattre ni à argumenter en va-et-vient. Parce qu'encore une fois, le comité c'est moi et mon chum. J'en demande beaucoup je sais, de la confiance, du détachement, de la retenue, de la maturité, mais recevoir un bébé dans son entourage, faut croire que c'est pas juste dur sur les parents, il faut aussi apprendre comment être un bon ami/parent/p'tite madame du yoga.